MARC LAVOINE : “ Pouvoir travailler auprès de personnalités comme Sutherland était formidable ! ”

Auteur - compositeur et interprète de talent, Marc Lavoine a aussi régulièrement joué la comédie au cinéma et à la télévision. Pour sa première production internationale, l’artiste endosse le rôle d’un policier star des enquêtes les plus médiatisées mais modeste et extrêmement professionnel.

VOUS N’AVIEZ PAS JOUÉ DANS UNE SÉRIE DEPUIS TRÈS LONGTEMPS. QU’EST-CE QUI VOUS A DÉCIDÉ ?

En fait, j’ai commencé ma carrière par la comédie dans la série Pause-café quand j’avais 17 ans. Puis je me suis lancé dans la musique. Je continue d’alterner tournages, tournées et promotions de mes disques. Au tout début de la sortie de mon album, Je descends du singe, j’ai reçu un appel d’une femme exceptionnelle, Rola Bauer. Elle voulait me proposer de jouer avec Donald Sutherland dans un projet qu’elle portait avec Ed Bernero.
Je ne pensais pas faire partie des acteurs potentiels pour jouer à l’international. Je l’ai d’abord pris de façon assez légère mais très vite ma femme m’a convaincu du contraire car les séries prennent aujourd’hui une place importante en proposant des thèmes très nouveaux. Pouvoir travailler auprès de personnalités comme Sutherland qui ont construit ma culture et mon goût pour le cinéma au même titre que Chabrol ou Trintignant, et m’ont donné envie de faire du cinéma, était formidable.
LOUIS DANIEL EST UN HOMME CHARISMATIQUE ET UN POLICIER IMPLIQUÉ…
Je me suis inspiré d’un ami très proche, un grand policier et un homme fantastique, pour ce rôle. Mon personnage porte en lui des valeurs républicaines qu’il défend jusqu’au bout. Il ne supporte ni l’injustice ni l’avilissement imposés à l’être humain. Tout ce qui peut l’humilier, le rendre dépendant à la drogue, à l’argent, le soumettre à la honte et à la violence lui est insupportable.
Malgré cette force, il a une faille personnelle dans son couple car sa famille a été victime d’un attentat au cours duquel son fils a été tué. Cette blessure va entamer l’équilibre de cet homme en créant une part d’ombre. Comment retrouver l’assassin de son fils lorsqu’il doit résoudre des affaires l’entraînant partout en Europe aux côtés d’une équipe qu’il a engagée et dont il est responsable vis-à-vis de la Cour pénale internationale ? Responsabilité auprès de son père de substitution aussi, joué par Donald Sutherland qui lui fait confiance... Comment ne pas trahir la confiance de tous ces personnages tout en poursuivant ceux qui vous ont détruit. C’est toute la complexité de ce personnage.
A LA TÊTE DE CETTE PRESTIGIEUSE UNITÉ D’ÉLITE EUROPÉENNE, LOUIS DANIEL A UNE DOUBLE MOTIVATION…
Il cherche effectivement une réponse mais chaque membre de l’unité poursuit sa propre quête ou a des secrets : un frère, un assassin, une personne qui lui a fait du mal… Dorn est hanté par des souvenirs de charniers, de drames, d’actes dont il ne s’est jamais remis. Tout le talent d’Ed Bernero est de montrer que derrière chaque policier se cache un homme à la vie parfois chaotique. Cela rend le travail très intéressant et bien plus drôle que la simple résolution des énigmes comme un Cluedo permanent.
POUR QUELLES RAISONS CHOISIT-IL HICKMAN (WILLIAM FICHTNER) ?
Parce qu’il est le meilleur profiler et qu’il ne laisse pas tomber un être cher. Il a pour lui un attachement fraternel. De même que son père spirituel Dorn a toujours été présent pour lui lorsqu’il avait un problème impartageable, il veut être présent pour Carl. Ils se comportent comme deux frères ennemis qui se cherchent mais qui se protègent aussi. Carl est un peu le négatif de Louis.
VOTRE PERSONNAGE A PERDU SON FILS. VOUS ÊTES VOUS-MÊME PÈRE, COMMENT VOUS ÊTES-VOUS PRÉPARÉ À JOUER CE DEUIL ?
J’ai eu la chance d’avoir à mes côtés un auteur absolument exceptionnel, Ed Bernero. En tant qu’ancien policier, il me donnait des astuces pour être crédible lors des tirs ou des arrestations. Son aide a aussi été précieuse pour décrire la vie intérieure du personnage car il a connu des familles et des policiers déchirés. Il a conscience de la résistance nécessaire pour affronter la cruauté et la violence d’une scène de crime lorsqu’un enfant a été tué, que ce soit le vôtre ou pas. Mon coach, Peggy Hall, m’a beaucoup aidé à pénétrer le personnage, à me laisser emporter. Comme je jouais en anglais, je devais veiller à transporter toutes mes intentions dans cette langue.
JUSTEMENT, COMMENT VOUS Y ÊTES-VOUS PRIS ?
J’ai appelé à l’aide ! En fait j’aime beaucoup le travail, surtout de manière collective. Nous ne sommes jamais aussi bon dans un rôle que lorsque nous l’avons travaillé à plusieurs. L’intelligence collective est la solution à tous les problèmes, et notamment à ceux d’un artiste. Peggy a participé à la construction du personnage. Elle m’a vraiment été très utile pour pouvoir oublier le texte sur le plateau et me laisser aller au langage du corps.
QU’AIMEZ-VOUS DANS VOTRE PERSONNAGE ?
J’ai beaucoup aimé avoir plusieurs histoires à raconter en même temps. Louis a une femme, un enfant, un frère, un père, une équipe et un trouble intime lié à un événement inacceptable. Je trouvais intéressant d’être tout le temps imprégné de ce sentiment. Même avec une arme à la main, il ne peut oublier le vide provoqué par la perte d’un être aussi cher. Comme je venais de perdre mes parents, j’étais dans un état d’esprit approprié… Cette blessure est intéressante à travailler.
COMMENT S’EST DÉROULÉ LE TOURNAGE ?
Il a été long et froid avec de très longues journées de travail à Prague. Mais ces tournages évoluent constamment. Plusieurs épisodes sont tournés en quatre mois et, mis à part les deux ou trois premiers, nous ne connaissions pas les scénarios en amont. Mais d’une certaine manière, c’est un peu comme dans la vie ! Tourner de cette façon, en étant toujours un peu sur la brèche, peut être un peu déstabilisant mais permet de remettre le compteur à zéro tous les jours.
QUELLES RELATIONS AVEZ-VOUS NOUÉES AVEC LES AUTRES COMÉDIENS ?
Dès le départ, nous sommes tous devenus très amis. Le contexte d’immersion nous a très certainement aidés. Je suis devenu proche de Tom Wlaschiha et de Richard Flood. Cela a rendu l’affection et l’attachement entre les personnages réellement palpables. Quelque chose s’est produit entre nous, la solidarité a pris le dessus, et pouvoir compter sur eux a été très rassurant pour moi. J’avais avec eux un miroir, une réponse, notamment avec mon copain Tom, fantastique et humainement formidable. Il est venu à Paris voir mon spectacle et nous avons gardé des contacts très forts ensemble.
QUE RETENEZ-VOUS DE CETTE EXPÉRIENCE ?
Un sentiment. Je suis tombé amoureux de Donald Sutherland ! J’aime cet homme, d’une élégance rare, dont les petites histoires drôles distillées sur les tournages à propos de Fellini ou de Chabrol ont illuminé nos scènes. Délicat et généreux sur le plateau, il me relançait à chaque fois que je me trompais, me relevait quand je trébuchais. J’ai retrouvé cette bienveillance chez Ed, Rola, les acteurs Tom, Richard et William Fichtner. Cette expérience va compter pour moi.
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