Louise

Claire Nebout : "Ce personnage transgenre (Louise) est une femme encore plus femme que les autres"

Claire Nebout qui incarne Louise dans la série éponyme se confie.

Avez-vous tout de suite accepté ce rôle ?

Oui, dès que j’ai lu le script, j’ai eu un coup de cœur immédiat pour le sujet que j’ai trouvé à la fois moderne, atypique et audacieux. J’ai pris comme un compliment qu’on me le propose. Le sous-titre de départ, « une femme d’exception », me semblait tout à fait approprié car Louise n’est pas une femme ordinaire. Quand un tel rôle arrive entre vos mains, vous n’avez qu’une envie : l’interpréter ! L’excitation a donc prédominé sur l’appréhension que j’aurais pu ressentir.

Il s’agit de la première série française mettant en scène une héroïne transgenre…

La transsexualité reste encore en France un sujet tabou qui peut effrayer. Lui apporter de la visibilité peut peut-être permettre une évolution des mentalités. Cette fiction est une comédie dramatique : on y trouve donc des éléments de comédie, mais aussi des problématiques plus dures, et les difficultés auxquelles Louise est confrontée sont toutes abordées. Elle doit faire face à l’hostilité des siens et de la société entière. Rejetée par sa femme, violentée par des inconnus, elle va se battre envers et contre tout pour se faire accepter, éviter préjugés et rumeurs, et finir par convaincre.

Quel regard portez-vous sur ce personnage ?

Pour moi, ce personnage transgenre est une femme encore plus femme que les autres. Louise a fait tellement d’efforts et de sacrifices pour aller au bout de ses convictions que je la vois comme un personnage romanesque au destin extraordinaire. Mal dans son corps, elle a fini par étouffer et devait aller au bout de son évidence. Elle a alors pris une décision radicale qui a déterminé toute son existence en changeant de sexe. Très émotive, fragile, elle fait preuve d’une sensibilité accrue qui la rend attachante. Et en même temps, elle ne baisse pas les bras, se montre battante et guerrière. Il y a cette ambivalence en elle.

Elle trouve la force de revenir auprès de sa famille après sept ans d’absence…

On ne change pas de sexe du jour au lendemain. Il y a tout un protocole et la transformation physique est longue. Je crois qu’elle n’a pas voulu faire subir tout ce processus à sa famille. Mais c’est un personnage rempli d’amour qui a une seule hâte : retrouver sa femme et ses enfants. Face à l’hostilité générale, elle s’assume pleinement et annonce qu’il faudra l’accepter comme elle est. Dans la provoc’ au début, elle essayera de calmer le jeu, consciente du chaos qu’elle a produit. Malgré tout, elle conserve un côté extravagant, prend de l’espace et ose. C’est son nouveau caractère de femme libérée et fière de l’être.

Sa nouvelle sexualité est également abordée. Cette scène vous inquiétait-elle particulièrement ?

J’appréhende toujours un peu les scènes d’intimité entre acteurs mais en l’occurrence, pas plus que pour un autre rôle. Mon partenaire partageait d’ailleurs les mêmes réserves que moi. Au final, cette séquence est traitée de manière très élégante et douce. Arnauld Mercadier, attentif et drôle dans sa direction d’acteur, a fait en sorte que je sois en confiance. Je pouvais tout lui dire ce qui était très agréable. Ça m’a vraiment aidée. J’avais beaucoup de joie à aller sur ce plateau.

Comment avez-vous dosé la part entre féminité et virilité pour ce personnage ?

On me parle souvent de mon côté androgyne. J’avais d’ailleurs déjà joué un homme, le chevalier d’Eon, dans un film d’Edouard Molinaro, mais la problématique était totalement différente. Je me suis posé la question à plusieurs reprises mais j’ai décidé de pousser à l’extrême le curseur de la féminité, notamment dans sa démarche, sa coquetterie… sans tomber dans une caricature. J’ai voulu gommer totalement la virilité de Louise. J’ai en revanche travaillé sur ma voix, essayant de ne pas partir dans les aigus pour garder une tonalité assez medium. Au final, la seule chose de Louis qui subsiste en Louise, c’est peut-être une certaine autorité.

Vous êtes-vous documentée sur la transsexualité avant de commencer le tournage ?

Je me suis évidemment renseignée mais je préfère ne pas dévoiler comment je me prépare. Je pense qu’il faut garder le mystère. Ce qui compte, c’est le résultat. Et de ne pas voir le travail en amont. En plus, je suis quelqu’un d’instinctif. Et il ne s’agit pas que de moi : la construction d’un personnage fait partie d’un travail de troupe avec mes partenaires et le metteur en scène.

Justement, comment s’est passé le travail avec Helena Noguerra, votre épouse de fiction ?

Très bien. Si j’avais été un homme, Helena aurait tout à fait été la femme que j’aurais aimé épouser ! Elle se montre comme moi d’une grande tolérance sur ce genre de sujet, et ce depuis très longtemps. Et puis, elle est tellement belle et drôle dans la vie. J’étais très heureuse de travailler sur ce projet avec elle. Nous nous amusions d’ailleurs beaucoup de cette situation de fiction hors du plateau.

Etes-vous satisfaite du résultat ?

Oui. Je trouve qu’il y a dans ces deux épisodes de la sincérité, de l’émotion, du sourire. Le film raconte le destin d’un personnage scintillant, absolument pas lourd et pesant comme on aurait pu le penser au départ. J’aimerais poursuivre le destin de cette femme qui a encore beaucoup à offrir. D’autres personnages en périphérie pourraient aussi très facilement être développés.

Quelle est votre actualité ?

Je termine pour France 3 le portrait de Florence Thomassin, une comédienne, également sculptrice, que j’aime beaucoup. J’ai eu envie de faire un documentaire sur son univers de plasticienne. Je suis en plein montage et cette nouvelle corde à mon arc me passionne : je découvre comment monter un film, habiller une image... C’est totalement magique !

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