Le procès de Jean-Louis Muller
En juin 2010, Coupable, Non Coupable a installé ses caméras pendant 8 jours à Colmar, dans le Haut Rhin, pour suivre le procès de Jean-Louis Muller, un médecin légiste de 54 ans. Il est accusé d’avoir tué sa femme et maquillé le meurtre en suicide.
Rappel des faits.
Meurtre ou suicide ? C’est à cette question que vont devoir répondre les jurés de la cour d’assises. En première instance, l’ancien médecin légiste avait été condamné à vingt ans de réclusion. Aujourd’hui il est rejugé et continue de clamer son innocence. Les faits remontent au 8 novembre 1999. Le corps de Brigitte Muller, 42 ans, est retrouvé sans vie au sous-sol du domicile conjugal d’Ingwiller (Bas-Rhin), le 357 Magnum de son époux à ses pieds. C’est Jean-Louis Muller qui donne l’alerte par téléphone. Il explique aux gendarmes que sa femme vient de se suicider. Rapidement le parquet classe l’affaire. Une autorisation d’incinérer la victime est même accordée quelques jours seulement après son décès. L’histoire aurait pu s’arrêter là, si les proches de Brigitte Muller ne s’étaient pas manifestés...
...D’après eux, la victime n’était pas dépressive. En revanche, le couple traversait une période difficile. Brigitte Muller venait d’an-noncer à son mari qu’elle avait rencontré un autre homme. Son époux, réputé possessif, a très bien pu vouloir la tuer. Il aurait utilisé ses connaissances d’expert en médecine légale pour maquiller le crime. Les enquêteurs rouvrent le dossier. Et il y a un élément qui les étonne : pourquoi, si elle s’est suicidée, ne retrouve-t-on pas sur les mains de Brigitte Muller des résidus de tirs ? En revanche, on décèle une importante quantité de poudre sur les mains et les vêtements de Jean-Louis Muller. Rapidement, le médecin est mis en examen pour meurtre et écroué avant d’être placé sous contrôle judiciaire. En 2007, au terme de sept ans de procédure, il écope de vingt ans de réclusion criminelle. Il fait aussitôt appel. La Cour d’assises de Colmar doit une nouvelle fois éplucher tout le dossier, démêler le vrai du faux et rendre son verdict : coupable ? Ou non coupable ? Pour Jean-Louis Muller c’est le procès de la dernière chance.